Le SLOW management

Slow management

Dans les années 80, l’injonction en vigueur dans le monde du travail était « soyez dynamiques ! ». Le sens de cette exhortation n’était pas clair mais tout le monde s’accordait à dire que le dynamisme était une qualité nécessaire, notamment pour les managers.

Les mêmes qui prônaient le dynamisme vantent aujourd’hui la vitesse. Décider et faire vite seraient la panacée de notre époque. La sommation « il faut aller vite » est aujourd’hui présente pour tous et partout. Soit, pourquoi pas…

Pour les managers, la vitesse d’exécution est indispensable, mais ce ne doit pas être l’alpha et l’oméga de la pratique managériale.

 

La mission du manager c’est de délivrer les résultats attendus, c’est entendu. Simplement cette mission est réalisée avec une équipe, donc des femmes et des hommes. Les humains ne peuvent pas se contenter de la simple injonction de vitesse qui se transforme souvent en impatience et pression managériale. Avec les conséquences que l’on connaît et leur ribambelle de maux plus ou moins graves, parfois dramatiques…

Comment combiner efficacité opérationnelle, rentabilité et bien-être des collaborateurs ? Comment négocier ce virage en épingle à cheveux ? Comment résoudre cette question aux pôles tellement opposés ?

 

Pratiquer le Slow management, voilà une piste à explorer !

Bien sûr, il ne s’agit pas de pratiquer un management lent, mais plutôt un management raisonné. Voire raisonnable… Et surprise, souvent plus efficace !

 

Je vous propose quelques bonnes pratiques du Slow manager :

 Etre présent sur le terrain

Condition essentielle de l’exercice du manager. Voir et être visible. Occuper sa place au centre de son équipe.

♦ Ecouter ses collaborateurs

Suite logique de l’attitude précédente. Avant de convaincre, il est indispensable d’écouter son équipe. Ecouter tous les signaux et surtout ceux qui s’entendent faiblement…

 Partager ses convictions

Echanger en permanence, voilà une bonne manière de faire passer ses messages.

♦ Alléger et simplifier

L’ultime performance du manager c’est de simplifier, à son niveau, la complexité du monde et de l’organisation. Alléger dès que possible son discours, sa manière de communiquer, voilà pour le coup une urgence !

 

C’est un programme simple et ambitieux à la fois. Sans le qualifier, nous pourrions simplement dire que c’est le pré-requis du « bon manager ». Pour le mener à bien, la pratique quotidienne et l’auto-débriefing sont les seules voies de salut. Au bout du chemin le manager ne rencontrera pas l’ami Sisyphe mais au contraire goûtera la satisfaction de l’objectif atteint avec noblesse ! J’utilise volontairement ce mot inhabituel dans le monde du management plus enclin à pratiquer le franglais à tout va…

 

Ces quelques propositions sont d’autant plus nécessaires et utiles à mettre en œuvre au quotidien que la « crise » est présente partout. Dans les faits et dans les têtes. Uber est partout, souvent menaçant… Les collaborateurs ont besoin que leur manager incarne un minimum de certitudes dans ce monde incertain et déstabilisant.

Les managers vont nous dire, et ils auront raison « Nous n’avons pas le temps ! ».

Bien sûr, leur temps est surchargé, mais la performance de leur unité n’est pas dans la qualité de leur reporting hebdomadaire mais bien dans leur capacité à occuper leur territoire managérial.

Et cela passe par une véritable présence – physique et symbolique – auprès de leur équipe.

 

Je conclurai provisoirement, que rien de tout cela ne sera possible sans la contribution active des dirigeants. Amis Présidents, DG et consorts, laissez vos managers prendre le mouvement ! Abandonnez vos besoins de contrôle et de reporting ! Contentez-vous d’insuffler votre stratégie et vos valeurs !!

 

Quelques repères pour poursuivre le dialogue :

 Carl Honoré – Eloge de la lenteur (Marabout)

 D. Steiler, J. Sadowsky, L. Roche – Eloge du bien-être au travail (Presses Universitaires de Grenoble)

 Claudio Vitari et autres auteurs – Slow management, entreprendre la transition (Pearson)

 S. Menétrey, S. Szerman – Slow attitude (Armand Colin)

♦ Slow Business –Pierre Noniz-Barreto (Eyrolles)

 

 

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