Ralentir pour une performance durable

Leadership à tous les étages …

Leadership

 

Philippe Bazin vient de publier chez InterEditions « Les vrais secrets du leadership ».

Les livres sur le management et le leadership sont légion, et peut-être trop nombreux… Mais le sujet est inépuisable, alors laissons-nous aller à l’abondance.

Ce livre étonne d’emblée par son format inhabituel, à l’italienne, en 160 pages.

Il est léger, agréable dans la main, s’ouvre avec douceur. Le texte est sur les pages de droite, vous pouvez annoter sur celles de gauche vos propres réflexions. Régulièrement un dessin humoristique agrémente le contenu. Le sous-titre – facétie de l’éditeur – est inutilement accrocheur, mais bon vous n’êtes pas obligé d’y croire…

L’auteur, plutôt que de nous imposer ses vérités sur le sujet, nous invite en liberté, à la réflexion, à imaginer d’autres pistes. A confronter notre propre expérience à ses suggestions. Pour nous aider sur ce chemin, il nous tutoie spontanément, avec délicatesse. Il s’agit de visiter notre capacité à développer notre leadership personnel.

 

Quelques exemples :

Sur notre besoin de répondre en permanence aux sollicitations extérieures, notamment sur nos smartphones [p. 69] « Tu n’es rien si l’on ne peut faire sans toi « , nous dit l’auteur. Éloge de l’absence comme puissance de la présence. Je me souviens d’un directeur qui me disait que l’on pouvait évaluer la qualité du travail d’un manager à la capacité de son équipe à vivre en autonomie lors de ses absences vacancières.

Dans le même esprit, Philippe Bazin [p.123] nous invite à résister à la pression de l’immédiat. Ne pas se soumettre à l’injonction de la rapidité. Pour nous laisser produire une meilleure réponse que sous la menace du « tout de suite ». C’est tout l’enjeu de cette apparente lenteur, élaborer une solution plus impactante en résistant à la vitesse ambiante.

Parfois, je n’ai pas compris les propos de l’auteur…, [p. 105], il évoque « l’intelligence qui s’autorise à  prendre des raccourcis« . Ceci étant, ne pas comprendre est salutaire et grisant. Modestie due à  l’incompréhension et acceptation de l’incertitude des situations, voilà une attitude managériale courageuse. Accepter de continuer son chemin en ayant son amie l’inconnue à côté de soi. Histoire de ne pas perdre son temps et son énergie à vouloir tout maîtriser.

Bref, un petit livre qui fait diablement réfléchir à ce que peut être le leadership chez chacun d’entre nous.

 

Posons-nous un instant sur le leadership chez les managers.

Les ouvrages sur le management répertorie à juste titre trois rôles chez l’encadrant : l’expert, le manager et le leader.

Le « bon » manager est souvent synchro avec les deux premiers rôles, mais au moment où le monde de l’entreprise devient immensément complexe, le trio a besoin d’être au complet

 Le manager, expert de la relation et du temps

Le manager, chef d’orchestre de son activité

Le manager, donneur de sens

C’est l’association de ces trois postures, tour à tour déployées, qui permettront aux managers d’aujourd’hui de relever les défis de la complexité de notre époque. Faut-il encore leur laisser l’opportunité d’accomplir cette triple mission ambitieuse et ne pas les freiner en leur demandant de produire des reportings toujours plus nombreux…

 

Le leadership peut-il s’apprendre ?

Assurément, si l’on veut bien oublier un instant l’image d’Epinal du leader, charismatique à souhait… Il peut y avoir, sans aucun doute, d’autres formes de leadership que celui brillamment incarné par Steve Jobs !

Assurément, si les décideurs acceptent d’autres formes d’apprentissage que l’habituel et indispensable stage de formation sur trois jours : mentorat, codéveloppement ou encore auto-débriefing sont à mettre au menu du futur leader.

Il nous faut accepter que les compétences de leadership prennent « un peu de temps » pour être pérennes. Terrible injonction dans ce monde où l’impatience règne en maître, au moment où la vitesse devient le seul dénominateur commun !

 

Je défends l’idée que dans le domaine de l’acquisition de compétences, la lenteur est aujourd’hui génératrice de performance ! Que la lenteur est plus féconde et pleine de promesses que la vitesse !

Bien sûr, la lenteur que je préconise n’est pas celle que l’on qualifiait autrefois de « train de sénateur ». Mais une lenteur synonyme de profondeur et d’investissement à long terme. Voire de bien-être au travail…

 

À débattre encore et encore. Je vous avais dit que le sujet était inépuisable.

 

Bel automne à vous !

Francis Simonpietri

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